Ils sont professeurs d’université en pharmacologie ou en histoire antique, écrivains, journalistes, retraités ou gardent leur profession secrète. Ils partagent un amour de Sherlock Holmes et forment une communauté qui semble s’être formée presque par miracle ou par hasard.
Ils se retrouvent deux fois par mois pour discuter d’une histoire de leur héros préféré, armés de livres, de nouvelles imprimées et de carnets aux pages noires de notes – et, évidemment, d’un verre de Sherry.
La semaine dernière, j’ai assisté à un rendez-vous de la société Bimetallic Question dans une salle où tout est en bois poli qui sent le pine sol de la bibliothèque de Westmount. Le charme ancien monde de la bibliothèque, de pair avec les néons froids et les arches en métal blanc des fameuses serres de Westmount crée une ambiance hors du temps. Je suis venue à pied du centre-ville, mais j’ai l’impression d’avoir voyagé beaucoup plus loin -et peut être un peu dans le temps aussi.
La Bimetallic Question
J’ai d’abord appris l’existence d’une société holmesienne (dédiée au fameux détective Sherlock Holmes) à Montréal pendant la visite de l’exposition Sherlock Holmes: Menez l’Enquête du musée Pointe-à-Callière – à voir jusqu’au 8 mars 2026. Le concept fait penser à un book club mystérieux qu’on retrouverait dans une histoire d’Arthur Conan Doyle ou d’Agatha Christie et évoque le Thursday Murder Club sorti plus tôt cette année chez Netflix – c’est romantique, victorien et délicieusement secret.
Dans la réalité, la Bimetallic Question ne déçoit pas. Quand j’arrive (en retard) à la bibliothèque de Westmount sous la super lune de décembre, les membres de la société sont déjà installés autour d’une grande table en bois sur laquelle sont disposés des sandwiches coupés en quatre et des plats de cookies fait maison et de gaufrettes fourrées au chocolat.
Wilfrid, l’un des fondateurs de la Bimetallic Question et un vendeur de livres anciens à l’élégant accent transatlantique, est assis à la tête de la table. En face de lui Bruno, un ancien animateur pour enfants, est en charge de la tâche délicate de garder tous ceux qui joignent le meeting par zoom connectés et audibles aux bons moments.
Anne, qui gère la rencontre, agite une petite cloche avec un manche de bois, les conversations autour de la table se transforment en murmures et, confortablement, on commence.
Sherlock Holmes, histoires mystérieuses et traditions victoriennes
Les rendez-vous de la Bimetallic Question sont bien organisés. Avec la précision du héros d’Arthur Conan Doyle, on fait d’abord un des 5 toasts de la soirée, écrits par les membres et arrosés de Sherry ou de Porto.
Puis il y a un quizz (j’ai eu 4/16) sur l’histoire de Sherlock Holmes à laquelle la rencontre est dédiée, The Adventure of the Yellow Face, une discussion où les membres autour de la table parlent du détective comme d’un vieil ami ou d’un oncle un peu eccentrique et un autre toast. Rachel, qui est aussi journaliste, raconte le vol d’un de ses bracelets d’ambre – un mystère personnel que l’attablée dissèque avec entrain.
Sans trop révéler d’une société pas très secrète mais qui, selon moi, gagne en romantisme par sa connaissance par ceux qui savent, je recommande aux passionnés des histoires de Sherlock Holmes et aux nostalgiques d’un book club qui prend la littérature au sérieux.
En plus, selon Bruno, Sherlock Holmes va fêter son anniversaire le 6 janvier et -d’après ses études des textes de Conan Doyle- il serait toujours en vie, quelque part. Après une soirée passée avec la Bimetallic Question, je n’ai pas de mal à le croire…
Merci à la Bimetallic Question et à Wilfrid pour leur accueil!



