Montréal est l’une des villes les plus vertes du monde, même si on n’en a pas toujours l’impression. Surtout en été, surtout pendant les vagues de chaleur et quand le ciel est teinté par les feux de forêt canadiens, surtout quand ton appart donne sur un chantier.
Et tout à coup, pendant ton jogging matinal, agacé par le bruit des scies électriques et l’odeur du goudron, tu aperçois un papillon monarque qui virevolte avec une délicieuse fantaisie parmi les haies du petit jardin devant les appartements du rez-de-chaussée. Miracle! Tout va mieux!
LES MONARQUES ET LE QUÉBEC
Montréal, on ne dirait pas, comme ça, que c’est un des endroits les plus importants de la migration des plus sexy des papillons -les plus photogéniques, les plus nostalgiques et les plus jet-set.
Mais c’est vrai, et on ouvre grand les yeux (et on sort son téléphone) pour voir les papillons monarques au printemps et à l’été…
Au Québec, fin Août-début Septembre, les papillons monarques sortent de leur chrysalide. Quand l’automne arrive, ils entreprennent un voyage de 4000km pour aller passer l’hiver dans une forêt au centre du Mexique. Là, ils se reproduisent sous le soleil, et au printemps les jeunes monarques commencent le long voyage du retour vers le Québec.
Ils arrivent chez nous fin Mai, et jusqu’à ce qu’ils se reproduisent, on en voit plusieurs générations papillonner dans nos plates-bandes jusqu’à ce que le cycle recommence à la fin de l’été.

Cette année, c’est la 10ème où l’Espace pour la Vie suit de très près le « blitz » des monarques. Pendant 10 jours, des gens partout dans le monde et au Québec vont identifier les habitats des papillons monarques et les zones de conservation propices à l’établissement de ces très jolis insectes.
Ils sont sur la liste des espèces en extinction depuis 2016, un autre anniversaire -plus triste, cette fois-ci.
Les changements climatiques, l’utilisation intensive des pesticides et la perte d’habitat sont à blâmer pour la raréfication de la plante préférée du monarque: l’asclépiade -en anglais, la plante est appelée « milkweed ». C’est la plante hôtesse exclusive des monarques, et ils la cherchent désespérément dans les jardins et dans les champs du Québec.

C’est une plante qui est souvent considérée comme une mauvaise herbe, mais il ne faut pas l’arracher! On fait passer à tous les jardiniers de balcons de Montréal qu’on connaît, et on embête les gens en région à leur en parler tout le temps.
On peut aussi en semer, au mois d’Octobre, et l’Espace pour la vie a un guide pour tout savoir ici.
MISSION MONARQUE
Sous la direction de l’Insectarium de l’Espace pour la vie est né le programme Mission Monarque, qui est « un programme de science participative qui documente le succès reproducteur du monarque ».
Les données qui sont recueillies sont d’importance précieuse pour la recherche qui contribue à sauver les papillons monarques de la disparition.
Pour participer, c’est très simple.
Étape 1: Trouver de l’asclépiade
Étape 2: Trouver un papillon monarque autour de l’asclépiade (mais même sans papillon, l’info est importante)
Étape 3: Prendre une photo, noter ce qu’on voit et faire marcher notre esprit scientifique
Étape 4: Créer un compte sur le site web de la Mission Monarque et entrer les données
Toutes les infos pour s’inscrire et pour participer sont ici.