Quand on pense à Montréal, on pense au skyline dessiné par les gratte-ciels du centre-ville, aux maisons en briques rouges avec les escaliers en fer du Plateau, à quelques églises néogothiques un peu angoissantes et à beaucoup de bâtiments entre-deux -ni industriels, ni post-industriels. Selon là où on est dans la ville, on habite un espace différent. Même la végétation change, drastiquement, d’un quartier à l’autre.
Le Canadian Centre for Architecture (CCA) est au bout d’une petite rue d’immeubles à deux étages en brique, avec l’arrière des immeubles d’en face exposé, recouvert de lierre grimpant qui s’enroule autour du fer des balcons. Le Centre, qui est en travaux, est un grand bâtiment rectangulaire gris perle, entouré d’herbe très verte et très bien coupée. Juste à côté, la Maison Mère des Soeurs-Grises de Montréal disparaît presque derrière des hautes grilles envahies de grandes fougères.
C’est l’endroit parfait pour étudier -et parler- d’urbanisme. En ce moment, le CCA a une très belle expo qui revisite les travaux de l’architecte Álvaro Siza.
« L’ATOUT DE LA VILLE C’EST QU’ELLE N’A JAMAIS ÉTÉ PARFAITE »
L’expo s’ouvre sur des dessins de Siza, réalisés comme croqués sans réfléchir. Puis, pour ceux d’entre nous qui ne sont pas des architectes (ou des architecture nerds), il y a un film qui passe en boucle. Réalisé pour la Biennale d’Architecture de Venise de 2016, le film suit Siza dans une visite de quatre de ses projets d’urbanisme ; le Bouça à Porto, le Campo di Marte à Venise, le Punt en Komma à La Haye et Block 121 à Berlin. Chacun de ces projets, qui réarrange la ville après un abandon, un feu, une destruction ou des grands travaux type nouveau métro, est habité aujourd’hui.

Siza, qui ressemble un peu à une star de cinéma qui a bien vieillie et qui parle un peu comme Anthony Bourdain, écoute patiemment les griefs et les histoires personnelles des habitants de ses immeubles. Il dit que de mettre une fenêtre dans les toilettes, ce serait un péché. La façade serait défigurée.
Les plans, les dessins et des petits bouts d’histoire sont assemblés dans les grandes salles blanches du CCA, et des modèles et des photos illustrent les petits bouts de savoir de l’architecte. Comme celui-ci;
« Les villes ne naissent pas toutes faites. Le temps, avec la contribution de nombreux architectes et d’innombrables habitants, permet d’apprécier la densité et la beauté qui nous semblent aujourd’hui inatteignables. C’est une leçon qui donne tout son sens à une construction lente, de sorte que le résultat ne soit pas fragile. »
INFOS PRATIQUES
Où? Canadian Centre for Architecture (CCA), au 1920 rue Baile
Quand? du 21 Mai 2026 au 10 Janvier 2027
SAMEDI / 11h-18h
DIMANCHE / 11h-17h
LUNDI / FERMÉ
MARDI / FERMÉ
MERCREDI / 11h-18h
JEUDI / 11h-21h
VENDREDI / 11h-18h
Comment? pour plus d’infos, c’est ici
15 $ pour adultes
10 $ pour aînés (65 ans et plus) et étudiants
Entrée libre pour les personnes de moins de 18 ans, Amis du CCA et les membres des communautés Autochtones
Entrée libre tous les jeudis après 17h
*Rabais de 50 % lorsqu’une des expositions est fermée