Montréal ne dort jamais, et si vous tendez l’oreille, vous pourrez entendre une ligne de contrebasse ou un éclat de trompette berçant ses nuits. Peu importe la saison, la métropole refuse de s’endormir et s’enflamme d’une énergie groovy contagieuse qui semble ne jamais s’essouffler !
Le plus beau dans tout ça ? La scène jazz montréalaise est une culture du partage qui s’adapte à toutes les envies, que vous cherchiez un jam improvisé à petit prix ou l’éclat prestigieux des concerts The Jazz Room.
L’Upstairs : L’âme de la rue Mackay
Si vous cherchez l’épicentre de ce groove, descendez les quelques marches de l’Upstairs Jazz Bar & Grill. Niché dans un édifice centenaire du Village Shaughnessy, ce club a déjà figuré dans le « Great Jazz Venues Guide » (publié par le magazine DownBeat, référence mondiale pour le jazz). Ce répertoire sélectif fait office de passeport international, recensant les scènes les plus marquantes à travers le globe.
En 1995, Joël Giberovitch reprend un local en faillite avec son père avant de transformer ce simple piano-bar en une véritable institution. Marqué par un voyage initiatique dans les clubs mythiques de New York (comme le Village Vanguard ou le Blue Note) il revient avec une vision claire : offrir à Montréal un temple du jazz à l’âme new-yorkaise.
Sessions tardives : le secret des habitués
Si l’excellence des têtes d’affiche de l’Upstairs a normalement un prix, les habitués connaissent bien le « vrai » bon plan du lieu : les sessions tardives. Passé 21h30 ou 22h, les portes s’ouvrent sur un troisième set parfois gratuit — une occasion rare de voir la soirée se prolonger sans débourser un sou.
Mais l’âme du club, c’est aussi son rôle de tremplin. Certains soirs, ce sont les étudiants de Concordia ou de McGill qui prennent possession de la scène pour des jam-sessions universitaires. C’est brut, c’est spontané, et c’est exactement là qu’on prend le pouls de la relève montréalaise à quelques centimètres des instruments.

Toute cette effervescence, qu’elle soit vécue lors d’une jam gratuite ou non, sert à éduquer votre oreille. Que vous finissiez votre soirée dans la pénombre de la rue Mackay ou transporté par la grandeur d’un hommage symphonique, le jazz à Montréal ne se raconte pas : il se vit. L’invitation est lancée : descendez quelques marches, lâchez prise et laissez-vous surprendre…