Le Festival TransAmériques Danse + Théâtre de Montréal, le plus expérimental de l’année, a commencé hier soir le Jeudi 29 Mai 2026. Jusqu’au 10 Juin, les théâtres de Montréal reçoivent des troupes de théâtre, de danse, pour des performances et des oeuvres expérimentales qui donnent une aura de mystère et un air excitant de création sous les dernières pluies du printemps.
Hier soir, on a bien commencé le festival avec une représentation très spéciale de la compagnie new yorkaise Elevator Repair Service – Baldwin and Buckley at Cambridge.
Baldwin and Buckley at Cambridge
Dans le théâtre en boîte noire de la Cinquième Salle de la Place des Arts, la compagnie de théâtre Elevator Repair Service a installé deux pupitres, comme à Cambridge en 1965. Le texte est tiré d’une joute verbale performée verbatim, un débat sur le thème: Le rêve américain a-t-il été réalisé au détriment des Noirs américains ?
D’un côté, l’écrivain James Baldwin et de l’autre, l’intellectuel conservateur William F. Buckley Jr. Comme les autres oeuvres théâtrales expérimentales de la compagnie, le texte et son authenticité, redit avec brillance dans notre contexte moderne, prend un sens nouveau.
Le thème du débat, version d’une question qui empêche les américains et le monde de dormir depuis toujours, touche la corde sensible du racisme systémique (qui n’était pas nommé comme ça dans les années 60) et de la colonisation, de l’exceptionnalisme américain et de la justification des inégalités sociales par « certains ne travaillent pas assez fort ».
L’éloquence de James Baldwin a toujours le même effet, d’élégance et de force tranquille -il a été pasteur dans sa jeunesse, et ça se sent- et le poids de sa colère pèse toujours aussi lourd. Le contre-argument de Buckley ressemble laidement à celui des nationalistes américains d’aujourd’hui.
On peut aller voir la pièce jusqu’à la fin du weekend, il y a quatre représentations avant le 1er Juin. Pour prendre un billet, c’est ici!
Le FTA
Le Festival TransAmériques, c’est presque 30 spectacles de danse, de théâtre et de tout ce qu’il y a entre les deux, et on recommande de prendre un billet pour un spectacle même si on ne sait pas vraiment ce qu’on va voir. Il y a beaucoup de beauté dans l’inconnu, au FTA »