Le studio de Em&May à Montréal rappelle tout de suite les warehouses punk des maisons de mode new yorkaises des années 80 et 90. On pense au X-Girl de Kim Gordon et au Milkfed de Sofia Coppola, aux grands appartements transformés en usines de streetwear et aux défilés sauvages.
Dans un grand espace au sol de béton, les girls d’Emilie Pittman -fondatrice et designer d’Em&May- cousent des délicats sous-vêtements et des maillots de bain en discutant de la série Riverdale. D’autres parlent au téléphone, casque sur les oreilles, tapent sur des ordinateurs posés sur des grandes tables de menuiserie. Quand j’arrive, Emilie est en train de teindre des dentelles à la main -une tâche délicate.
C’est une des rares « usines » de mode opérées entièrement en fait-main de Montréal, et la seule qui fait des sous-vêtements sur mesure. Et hier, c’était jour de lancement pour les filles d’Em&May.
Emilie et les girls d’Em&May
Emilie Pittman appelle son studio « our little slice of heaven ». Après une enfance à Terre-Neuve, une école de design au Collège Lasalle et des débuts de design de maillots de bain faits à la main sur mesure depuis son appartement, elle a lancé Em&May en 2019 et, depuis 2023, elle et ses girls travaillent du studio où on discute, entourées de portants pleins à craquer de dentelles et de petites culottes colorées.
Elle me dit que ces derniers jours ont été assez surréels, parce que les réseaux sociaux de la marque explosent les nombres de vues, et parce que le matin-même Em&May lançait la collection The Sanctuary avec un succès inégalé.
Elle regarde son téléphone pour vérifier pendant notre interview –c’est le plus de commandes en si peu de temps que la marque a jamais reçu. Plus de 50% viennent de l’international; du Danemark, de Pologne, de France, du Japon.
Évidemment, lancer une marque n’est pas facile tous les jours. Emilie est designer, fondatrice, et a pris sur ses épaules la job de manager en plus. En plus de son baby, Em&May, elle est responsable de ses employées -ses 7 girls. Elle est aidée de sa grande soeur, COO (Chief Operating Officer) et franchement, de là où je suis assise, elle s’en sort vraiment très bien.
L’énergie dans le studio est incroyablement agréable, et c’est ce qui m’a fait penser à Sofia Coppola quand j’y suis entrée. En plus des dentelles et des lumières douces, c’est l’énergie féminine des filles qui travaillent chez Em&May qui a séduit les réseaux sociaux et les montréalais qui connaissent -les girls, incluant Emilie, ont toutes moins de 30 ans.
Made-to-order (Sur-mesure)
Une des particularités de la marque -et une des raisons pour lesquelles la marque est aussi populaire- c’est le sur-mesure. Tous les ensembles de lingerie et les maillots de bain d’Em&May peuvent être fabriqués dans les tailles XXS jusqu’à 4XL et on peut ajuster la taille des balconnets sur les hauts, + ou ++.
Pour aller essayer, on peut visiter un des popups de la marque ou passer au studio (sur réservation seulement), et sinon on peut envoyer nos mesures quand on commande. Pour les noter, on utilise un mètre ruban et un peu de souplesse.
Dans le futur, Emilie voudrait que la marque voyage -elle aime la nature éphémère des popups et les capsules saisonnières- et s’installe dans des magasins à l’étranger. Berlin, Londres, Mexico City.
Montréal
À travers les grandes fenêtres du studio, on voit loin sur le Plateau et jusqu’au Mont-Royal. Emilie me parle de Montréal comme d’une ville où elle a trouvé sa place. Si la ville est connue comme étant cool et les montréalais comme certains des citadins les mieux habillés du monde, elle est quand même sous le radar des grandes fashion weeks.
Mais dans les dernières années, le made-in-montreal est de plus en plus populaire. On dirait que la ville ne s’est pas enorgueillie de sa popularité outre-mesure, parce qu’Emilie décrit la communauté mode de Montréal comme incroyablement soudée et positive.
Infos Pratiques
site web? emandmay.com
instagram? @emnmay
Merci Emilie!





