Le Montréal des années 80 et 90 a été, comme partout ailleurs dans le monde, empreint des luttes LGBTQIA2+ et de la tragédie de l’épidémie de VIH/sida qui a dévasté la ville.
La mémoire de la décennie et de Montréal est riche et importante. Les horreurs et les victoires vécues par la communauté LGBTQIA2+ en 1990 – les meurtres haineux, la descente au Sex Garage, les manifestations et le die-in pour Joe Rose.
C’est une mémoire qui, dans le climat politique actuel, a parfois l’air d’être très loin, et oubliée trop tôt. L’importance de la revisiter alors que certains de ses acteurs sont encore là est vitale pour la communauté LGBTQIA2+ et pour tous les montréalais. Et la meilleure façon de se rappeler d’une époque, c’est à travers les yeux des artistes…

Corps Fantômes – au théâtre
« Corps Fantômes », ça commence par une pièce de théâtre créée par le collectif La Messe Basse et le théâtre Duceppe.
La pièce est une fresque fictive basée sur des événements réels -qui incluent les meurtres violents de 17 homosexuels à Montréal, l’épidémie de VIH/sida et le soulèvement communautaire et la solidarité de la communautée gaie. Ça se passe en 1990 et en 2025, à travers la découverte d’une pièce de théâtre enterrée dans une vieille boîte de souvenirs.
Huit artistes de la communauté LGBTQIA2+ ont participé à la création de cette pièce qui mélange l’histoire et la fiction pour raconter leur communauté.
« Corps fantômes est une fiction documentée qui vient combler un bris de transmission. C’est le portrait d’une époque où la culture québécoise était en plein essor, en marche vers un grand geste d’affirmation nationale, tandis qu’une fraction de la société subissait répression et opprobre. Ce n’est pas juste un théâtre d’identité, c’est un théâtre de mobilisation. En fait, c’est une façon de dire à une certaine jeunesse : “Continuez à vous battre, vos droits sont en péril.”
– Dany Boudreault, script éditeur, et Maxime Carbonneau, metteur en scène
Corps Fantômes – exposition
Duceppe s’est allié au chercher Olivier Vallerand et à la Faculté de l’Aménagement de l’Université de Montréal pour créer une exposition en deux volets qui accompagne de la pièce de théâtre.
Le thème de cette exposition, c’est la façon dont la mobilisation de la communauté gaie dans les années 80 et 90 a laissé son empreinte sur l’architecure, les lieux de mémoire et la vie culturelle de Montréal.
Des étudiantes en design d’intérieur ont traduit les recherches d’Olivier Vallerand pour les traduire en expériences visuelles. À travers les deux volets de l’exposition, on explore les luttes, des pertes tragiques et de la solidarité et l’esprit de communauté de ces mémoires.

Le premier volet de l’exposition explore le militantisme de la communauté LGBTQIA2+ et la commémoration des luttes; affichage militant, création du Parc de l’Espoir, die-ins. Il y a aussi un espace de recueillement et un mur de témoignages, parce que la mémoire est vivante et interactive.
Le deuxième volet de l’exposition met en scène des images d’archives et interviews inspirées des collages urbains d’ACT UP Montréal (Aids Coalition To Unleash Power), un collectif actif à la fin des années 80.
Infos Pratiques
Où et quand?
Volet 1:
Architecture, ville et militantisme VIH/sida
Salle d’exposition de la Place des Arts, entrée gratuite
du 9 au 30 septembre 2025, horaire:
- Lundi: fermé
- Mardi au vendredi: 16 h à 20 h
- Samedi et dimanche: 12 h à 20 h
Volet 2:
Design, médias et action communautaire
Foyer du Théâtre Jean-Duceppe
du 22 octobre au 22 novembre 2025
Comment? entrée libre
