Hier soir, en sautillant précautionneusement entre les plaques de glace bleue dans les rues du quartier Viauxville dans un effort de voyage psycho-émotionnel comme dans le conte de Voltaire, on est allés voir Candide au Théâtre Denise-Pelletier.
Le théâtre, connu pour son éloignement dramatique du centre-ville et pour ses productions désignées pour un public adolescent (averti), présente une version du Candide (1759) de Voltaire un peu glam rock et un peu métaphysique qui fait plaisir même aux adultes.
Candide est une production du Théâtre Tout à Trac, mise en scène par Hugo Bélanger et avec les interprètes Gabriel Favreau, Carl Béchard, Éloi Cousineau, Florence Deschênes Tommy Joubert, Marilou Leblanc, Phara Thibault et Marie-Ève Trudel.
Candide (ou l’optimisme)
Le Candide de Voltaire est un conte philosophique sur la nature du bonheur, l’existence du Mal et débat le fatalisme du 18ème siècle. C’est un favori des listes de lecture obligatoires des écoles secondaires et, évidemment, beaucoup plus fun à voir au théâtre qu’à lire.
On suit le jeune Candide qui, à travers une très longue suite de mésaventures et de voyages à travers le monde (et le nouveau-monde) découvre les bonheurs et les tristesses injustes de la vie.
À la fin du conte, il est content (mais par heureux) et il tire de ses aventures le semi-expliqué « il faut cultiver son jardin ».

Hugo Bélanger et la compagnie du Théâtre Tout à Trac ont transformé le conte et ses 30 chapitres en une pièce de 1h40 qui fait penser à un théâtre de marionnettes on lsd dans un disco des années 80.
Les titres des chapitres sont criés par un choeur d’acteurs qui jouent tous les rôles avec beaucoup d’énergie et d’humour autour du personnage incroyablement aimable de Candide, interprété par Gabriel Favreau dans un costume de poupée bleu poudre.

Les chapitres passent de plus en plus vite, ponctués de chansons et d’entrée en costumes, et de tristesses et des horreurs du 18ème – la petite vérole, la persécution religieuse, la galère, la guerre, la vieillesse… Mais aussi de coïncidences et de bonheurs, et au milieu le personnage de Candide qui a l’air un peu naïf mais qui, au moins, semble traverser la vie sans ressentiment.
L’énergie intense de la troupe est communicative et on dirait que la pièce s’accélère sur la fin, se terminant par une conversation avec l’auteur un peu absurde et le culte ‘il faut travailler. Il faut cultiver son jardin. »

On sort de Candide avec l’impression d’avoir fait un rêve fiévreux, un sourire aux lèvres et une vague envie de ne pas aller travailler le lendemain pour partir vivre une aventure…
Infos Pratiques
Où? Théâtre Denise-Pelletier, au 4353 rue Sainte-Catherine Est
Quand? tous les soirs, du 20 novembre au 6 décembre 2025 – des séances scolaires sont aussi disponibles, pour les profs de français qui veulent partager
Comment? le billet est à partir de 30$, et pour réserver et en savoir plus sur la pièce c’est ici!
Bonne séance!