Tôt le matin, l’Hôtel-Musée Huron Wendat de Wendake (réserve autochtone wendat), à une grosse demi-heure de voiture du centre-ville de Québec, ressemble un peu à un Twin Peaks plus sophistiqué. Le stationnement est couvert, sporadiquement, de couches de feuilles mortes jaunes. Il est plein, on doit faire deux fois le tour avant de trouver une place pour se garer, un peu trop près d’une petite voiture de sport rouge.
L’Hôtel-Musée, haut-lieu de tourisme autochtone de la région à l’architecture sublime et lieu de rencontre entre les Premières Nations et les colons. Le 22 Octobre, c’est là qu’a été tenue la conférence de presse pour annoncer la première édition de la Biennale Extra!, biennale internationale consacrée aux arts littéraires.
La Biennale Extra! se tiendra au Québec à l’automne 2027.
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LA BIENNALE EXTRA!
Les arts littéraires, c’est la poésie, la prose et l’essai dans leurs prolongements performés, sonores, visuels et numériques. On dit « la littérature quitte la page ».
La première Biennale Extra!: une collaboration entre l’UQAM, le Centre Pompidou et les Productions Rhizome. Mais la conférence de presse a commencé par une cérémonie de purification et de gratitude offerte par une Elder wendat -rythmée, parlée doucement et sans micro, participative et enfumée de sauge sublime.
Jean-Max Colard, du service de la parole du Centre Pompidou, parle de la poésie sonore développée au musée-centre parisien dans les années 80, des revues parlées des années 70, des conférences-parlées des années 90 et 2000. Les arts littéraires, c’est très sérieux mais c’est aussi très vaste. Ça appartient au vent, au rêve et à la bouche automatique.
D’ailleurs, EXTRA vient du Festival Extra du Centre Pompidou. « Extra-livresque », hors du livre. Le festival, s’associant à l’Université du Québec à Montréal et aux Productions Rhizome, traverse un moment de métamorphose kafkaesque qui va laisser beaucoup de place à la liberté artistique. Tous les génies du verbe et les bizarroïdes de l’écriture vont pouvoir s’y retrouver -l’espace sera juste assez nébuleux.
Ça nous fait un peu penser au mouvement dada, aux cadavres exquis, au livre de Dali où il se dit drogue.
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Simon Dumas, le directeur artistique des Productions Rhizome -qui explore les formes littéraires au Québec depuis 26 ans- parle d’un alignement des astres. Ses salons littéraires en one-to-one, les « faire-lire », font s’épouser les artistes et les formes littéraires depuis longtemps. Et pas qu’à Québec, mais aussi à Bruxelles, à Rimouski, à Bordeaux.
Pour eux, ainsi que pour l’UQAM, la volonté de recherche est au centre de la participation à la Biennale Extra. À travers la théorie, la fameuse « recherche-création » universitaire et des concepts poétiques compliqués à expliquer, la biennale servira de coeur aux arts littéraires au Québec pendant une saison entière: l’automne 2027.
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