À l’approche d’Halloween, Trois-Rivières se met au diapason du mystère. Alors que la ville s’apprête à faire résonner ses mélodies les plus sombres lors d’un concert spécial dédié à la saison des frissons, l’ambiance est idéale pour se laisser séduire par l’étrange. Mais pour véritablement passer de l’autre côté du miroir, inutile de miser sur des décors de scène : il suffit de tendre l’oreille du côté de la Vieille Prison.
Officiellement, c’est un monument classé immeuble patrimonial où les experts n’ont rien décelé d’anormal. Pourtant, dès que le public s’en va, la réalité semble s’effriter pour laisser filtrer quelques bogues dans la matrice.
Au troisième étage, près du mur des pendaisons, l’ancienne directrice des lieux rapportait un phénomène troublant : à l’époque, en fin de journée, le silence de son bureau était régulièrement brisé par le grésillement fantôme d’un fax en pleine impression. Le hic ? Le son émanait d’une section condamnée, et l’établissement ne possédait de toute façon aucun télécopieur.
Plus tard dans la nuit, le réseau de la prison semblait poursuivre ses propres communications. Des gardiens ont vu des téléphones fixes se mettre à sonner dans le vide en n’affichant que des symboles cryptiques sur leurs écrans, pendant que l’ascenseur faisait des allers-retours pour répondre aux appels d’un passager invisible.

Même la bureautique la plus banale semble captée par cette fréquence résiduelle. Un soir, dans une pièce aux fenêtres hermétiquement closes où les documents venaient d’improviser un vol plané sans le moindre courant d’air, une calculatrice avec un rouleau de papier s’est mise à écrire seule, alignant une série ininterrompue de chiffres.. principalement le 6.
Ces faits étranges s’accumulent dans la mémoire des employés. Une employée a déjà vu toutes les feuilles de son pigeonnier s’envoler d’un coup, emportées par une rafale fantôme dans une pièce aux fenêtres hermétiquement closes.
Plus théâtral encore : un soir, une interprète vêtue en religieuse a laissé tomber son chapelet au sol. Au même instant, le crucifix mural s’est décroché et toutes les fenêtres de la pièce se sont ouvertes d’un seul coup.
Écho temporel, mémoire des pierres ou fréquences résiduelles des anciens détenus ? Si la version officielle a classé le dossier, la Vieille Prison continue de murmurer ses mystères à ceux qui s’y aventurent.